21/12/2007

Compte rendu des réunions de 2007

Conseil Consultatif de la Personne à mobilité réduite

 

Réunion du 21 juin 2007.

 

 

Présents : Monique Misenga, Ghislaine Squelin, Jean-Pierre Dejean, Ghislain Magerotte, Christine Calapristi (présidente), Ignace Dujardin, Walter Léonard, Marie-Pierre Lewalle, Jeanne-Marie Oleffe (échevine), Pascale Verraghenne (secrétaire).

                                          

Excusées : Claire Thibaut, Cécile Lecharlier.

 

 

Tour de table : chacun se présente et évoque le pourquoi de sa participation au CCPMR – intérêt personnel, prolongement d’une activité professionnelle en rapport direct avec le handicap, personne souffrant d’un handicap.

Les présidents du CC sport et CC mobilité sont également présents, des synergies sont possibles entre les différents conseils.

 

Quelles sont les attentes par rapport à ce Conseil Consultatif ?

-         faire évoluer les choses ! Amener une prise de conscience.

-         Lier un blog avec différentes informations sur les différents types de handicap avec le site de la Ville. Adresse du blog : http://Handi-Infos.skynet.be

-         Étudier la Charte de la personne handicapée (ci-jointe) et demander au conseil communal de la signer.

-         Créer un lien entre les différents Conseils Consultatifs (mobilité, aînés, sport). Il y a des intérêts  communs. On pourrait se réunir ensemble, si possible, une fois par trimestre.

-         Faire un relevé de ce qui existe (état des lieux, indice passe-partout,…)

-         Inviter des personnes souffrant de handicaps différents afin de relever les difficultés que chacun rencontre dans sa vie quotidienne.

-         Favoriser l’intégration scolaire : intégrer un enfant handicapé dans une classe, dans un club sportif, en plaine de vacances,… (pourquoi pas un apprentissage du langage des signes à l’école ?)

-         Informer de l’existence du CCPMR (cette information a déjà été faite via le bulletin communal et le site de la ville)   « y a-t-il un listing des personnes handicapées de la commune ? » Non, attention au respect de la vie privée. Un courrier peut être envoyé aux institutions de l’entité pour leur rappeler l’existence du CCPMR et les y inviter.

-         Importance de la mobilité : LLN est plus accessible aux personnes à mobilité réduite.

Un point mobilité pourrait être abordé à chaque réunion.

-         Informer de ce qui existe déjà : aménagements de trottoirs, dalles podotactiles, (un budget de 12500 euros est consacré à des aménagements), permanences sociales tous les jours, handicontact, organisations de « manifestations » autour du handicap (emploi, vote, …)

 

Calendrier : une réunion aura lieu le 1er lundi de chaque mois à 20h15.

Prochaine réunion le lundi 3 septembre.

 

 

 

 

 

Conseil Consultatif de la Personne Handicapée

 

Réunion du 03 septembre 2007.

 

Présents : Mmes Calapristi, Ciociola, Lewalle, Missenga, Oleffe, Squelin, Verraghenne.

                 Ms : Dujardin, Magerotte.

 

Excusées :  Mmes Janssens, Sautelet, Thibaut, Varga.

 

 

Charte de la personne handicapée : demande de signature par le conseil communal.

La charte a déjà été signée par l’ancien conseil communal en 2001.

Un rapport des réalisations faites par la Ville a été transmis à l’ASPH et notre ville a obtenu le label « Handycity ».

Remarque au point 8 : information : via le bulletin communal, le site internet, la soirée d’accueil aux nouveaux habitants, …

 

Réunion le 12 septembre à Chastre, organisée par l’AWIPH.  Objet : rencontre d’échanges Commission subrégionale de coordination du BW et Conseils consultatifs communaux des personnes handicapées.

Christine Calapristi, Ignace Dujardin et Pascale Verraghenne seront présents.

Questions à poser : quels sont les réponses aux besoins des parents d’enfants handicapés ?

Quelles sont les structures en BW ? idem pour les cérébrolésés ?

Combien d’enfants sont intégrés dans les écoles communales ? (peu de demande – voir l’accord de l’instituteur – voir le projet de l’école – quelle aide peut être apportée à l’enseignant – communauté française ?).

Envisager d’inviter Mr Benthuys ou le responsable du service enseignement lors d’une prochaine réunion pour en discuter.

Qu’en est-il du transport scolaire ? la durée importante de celui-ci entraîne souvent une  « désocialisation » de l’enfant dans son quartier.

Important de recenser tout ce qui existe. Par ex., en sport, il n’existe pas grand-chose.

Peut on faire appel aux médias pour nous aider ?

Mr Dujardin nous parle d’un club de Torball sorte de football pour non ou mal voyants. Ce sport n’existe pas en BW. Etant donné que l’équipement peut s’obtenir à moindre frais, on pourrait envisager de créer une équipe à Ottignies. La présidente du Conseil Consultatif Sport se renseigne.

 

L’asbl GAMAH représentée par Christian de Struycker (conseiller en accessibilité) nous présente les réalisations et aménagements sur Ottignies-Louvain-la-Neuve.

Il nous parle de l’indice passe-partout.

Contrôles accrus au niveau de l’urbanisme (art. 414 et 415 du qwatup)

 

 

 

 

 

 

 

Synthèse rencontre Commission subrégionale AWIPH / Conseils Consultatifs Communaux des Personnes Handicapées du Brabant wallon

Chastre, le 12/09/2007

 

Sont présents pour la Commission :

Messieurs TERNEST, DEJEAN, ZIEGLER et CRUSNIERE

Mesdames MARCHAL et CHARLES

 

Sont représentés, les CCCPH de Wavre, Ottignies LLN, Chaumont-Gistoux (en création), Mont St Guibert (en création), Chastre, Walhain, Waterloo et Orp-Jauche.

 

 

Monsieur TERNEST, Président de la Commission subrégionale accueille les participants et rappelle brièvement les objectifs de cette rencontre :

-         permettre aux représentants des CCCPH présents ce jour d’échanger sur leurs pratiques ;

-         informer les représentants des communes où un CCCPH est en cours de constitution des moyens à disposition pour informer le public-cible ;

-         présenter la Commission subrégionale, et établir des collaborations.

 

I.                   Présentation de la Commission subrégionale de coordination du Brabant wallon

 

Monsieur TERNEST évoque les Etats Généraux de la personne handicapée, organisés en 2005 et 2006 par la Commission subrégionale et s’interroge sur la transmission, au sein des communes, de la synthèse de ces travaux. Il semble que les synthèses adressées aux autorités communales n’aient pas été transmises aux CCCPH. Les personnes qui le souhaitent peuvent se procurer ces documents auprès du Bureau régional de l’Awiph ou de la coordination des Commissions.

 

Monsieur TERNEST et les représentants de la Commission présentent ensuite rapidement les groupes de travail actifs au sein de la Commission du Brabant wallon :

-         GT Handicontacts et CCCPH (coordination des Handicontacts du BW et développement du projet « référents de proximité », exporté aussi vers d’autres provinces)

-         GT AWIPH-ONE (actions de sensibilisation des milieux d’accueil 0-3 ans, des écoles, des milieux d’accueil extra-scolaire, développement du projet-pilote « Caravelles » : constitution d’un pool de puéricultrices volantes intervenant dans les milieux d’accueil agréés pour favoriser l’intégration des enfants porteurs de handicap)

-         GT Répit (développement d’un service de répit pour jeunes au départ du Service d’aide précoce de Wavre, réflexion en vue de développer solutions de répit pour adultes)

-         GT Handicap et Santé mentale (développement d’un projet-pilote pour améliorer la prise en charge des personnes handicapées adultes présentant un « double diagnostic » - pathologies mentales)

-         GT Mobilité (recensement des moyens de transport adapté sur le territoire du BW)

-         GT Insertion socio-professionnelle (actions de sensibilisation des employeurs à l’emploi des personnes handicapées, actions visant l’information et l’orientation des jeunes sortants de l’enseignement spécialisé)

-         GT Logement (sensibilisation des sociétés de logement sociaux, communes et CPAS, en vue de développer l’offre de logements sociaux « adaptables », ainsi que l’offre de logements à prix moyens pour jeunes adultes handicapés inscrits dans un processus d’autonomie).

 

Une fiche de présentation est remise aux participants, ainsi que les coordonnées des membres.

 

 

II.                Echanges

 

Information aux personnes concernées : Les représentants des communes où les CCCPH sont en cours de création mettent en évidence le nombre peu élevé de candidature qui sont rentrées par les personnes handicapées ou leurs représentants.

 

En ce qui concerne le CCCPH de Waterloo, Monsieur TERNEST précise avoir effectivement passé beaucoup de temps au téléphone afin de convaincre les personnes concernées de l’utilité d’un tel conseil.

 

A Wavre, Mme HERMAL constate un brassage important. Certains partent mais sont remplacés car le CCCPH existant depuis un certain temps, il est maintenant connu de la population.

 

Mme MARCHAL précise qu’un CCCPH est également en cours de création à Villers la Ville et que, en ce qui concerne Mont St Guibert, les parents lui téléphonent pour s’exprimer. Elle les invite à assister à la réunion d’information concernant la mise en place du conseil consultatif qui sera organisée dans le courant du mois d’octobre par les autorités communales.

 

 

La circulaire : Les représentants des communes s’interrogent quant au non respect du nombre de membres prévu par la circulaire.

 

Monsieur CRUSNIERE rappelle que cette circulaire n’est pas contraignante. Il invite par ailleurs les autorités communales à prendre contact avec le Bureau régional de l’Awiph, qui pourrait informer de la création d’un CCCPH les personnes inscrites auprès de l’Agence.

Par contre, pour informer toutes les personnes concernées, non connues de l’Agence, il faut utiliser les bulletins communaux ou la presse.

 

 

Attentes des membres et de la population : Pour répondre à ces questions, un rapide tour de table est effectué afin de connaitre les actions entreprises par les CCCPH.

 

A Orp-Jauche, le CCCPH se réunit tous les 2 mois, il fait annuellement rapport au Conseil communal sur les difficultés rencontrées en termes d’accessibilité. Le Conseil s’est d’abord penché sur le problème du maintien d’un enfant voituré dans l’enseignement ordinaire. De là, les travaux se sont élargis. Un folder est en cours de création. Il a pour but d’informer les citoyens, d’orienter au mieux les personnes en situation de handicap. Un salon de contacts est également envisagé. Celui-ci aurait pour but de présenter aux citoyens le BR de l’Agence, les mutuelles, …

Le Conseil mène régulièrement des actions de sensibilisation, en collaboration avec la police communale, par exemple (véhicules mal stationnés, …). Le conseil souhaite également développer un projet d’intégration des enfants porteurs de handicap dans des activités extra scolaires.

A Waterloo, plusieurs groupes de travail ont vu le jour et portent :

- mobilité, accessibilité/transport

- logement

- répit

- emploi

- enfance

- aide à la vie journalière.

Les échevins responsables du logement, de l’enseignement, … sont invités. Actuellement, le Conseil concentre ses efforts à la récolte des besoins.

 

Monsieur TERNEST évoque le projet des « studios Samiette à Nivelles » (Dans un vaste complexe résidence pour le 3ème âge, 5 studios en location, et réservés à de jeunes adultes handicapés mentaux inscrits dans un processus d’autonomie et suivis par les services d’accompagnement).

 

Une longue discussion porte sur le QWATUP et plus particulièrement sur le manque de respect de ces normes. Aucune mesure de « répression » n’est prévue pour le non-respect des normes en matière d’accessibilité.

 

A Walhain, la question de l’occupation de personnes porteuses de handicap (ne fréquentant pas un service d’accueil de jour Awiph) est posée. Le fait qu’il est préférable d’intégrer les personnes handicapées dans des activités ouvertes à l’ensemble de la population est mis en évidence. L’organisation d’activités occupationnelles réservées aux personnes handicapées n’est pas souhaitable.

 

A Wavre, le Conseil dispose d’un budget de 50.000 euros qu’il affecte à al réalisation de travaux d’aménagement ou d’accessibilité.

 

A Ottignies LLN, le Conseil consultatif travaille régulièrement avec d’autres conseils ou commissions car les thématiques se chevauchent, se recoupent. Diverses activités ont déjà été organisées, particulièrement par le Handicontact. Bien que le Conseil ne dispose pas d’un budget spécifique, les activités sont organisées avec des budgets communaux. Exemple : sensibilisation des employeurs sur le budget »emploi » de la commune. Il est également possible d’organiser d’autres actions avec le budget intitulé« égalité des chances ».

 

Dans l’ensemble, les membres des conseils consultatifs se posent beaucoup de questions sur les interventions de l’Agence. Ils sont invités à contacter le Bureau régional de Wavre qu’ils pourraient inviter afin de présenter en détails les interventions de l’Awiph.

 

En ce qui concerne les logements adaptables, un membre du CCCPH de Orp-Jauche pose la question des primes aux propriétaires en cas de construction ou de rénovation de logements afin qu’ils soient « adaptables » (logements privés).

 

La Commission subrégionale a mis sur pied un groupe de travail « Logement » qui réfléchira à cette possibilité.

 

La Commission subrégionale se fera le relais des problématiques évoquées dans les Conseils consultatifs mais également des solutions apportées. Les solutions « de proximité » doivent également être connues.

 

 

 

 

 

CCPH : réunion du 1er octobre 2007.

 

 

Présents : C. Calapristi, C. Ciociola, J-P Dejean, I. Dujardin, I. Jacquet, A. Louis,

M. Misenga, J-M Oleffe, C. Thibaut, S. Varga, P. Verraghenne.

 

Excusés:  P. Janssens, B. Lietar, G. Magerotte, N. Oleffe.

………………………………………………………………………………………………..

 

 

Importance de faire connaître le CCPH :

Il faut informer via le bulletin communal, mettre des avis dans les salles d’attente des médecins, kinés, mutuelles, …

Préparation des réunions suivantes, thèmes abordés :

 

Intégration scolaire : inviter J. Benthuys, échevin de l’enseignement, voir la situation dans les écoles à OLLN.

 

CCAT : bâtiments accessibles : vérifier le respect des plans entre le début et la fin de la construction ; sensibiliser les écoles d’architectures ; existence de Gamah (voir réunion précédente) qui organise des modules de formation à l’attention des architectes.

 

Aménagements : chacun peut repérer les difficultés dans son quartier. L’INESU réalise déjà ce genre de travail ; il faudrait travailler en collaboration avec eux ainsi qu’avec le service travaux (C. Brichart, L. Detraux).
Il existe déjà une carte reprenant les chemins accessibles.

Remplir une fiche qui met l’accent sur l’accessibilité (voir sur le site et voir avec B. Jacob échevin de la Citoyenneté).

 

Faire l’inventaire des soins et services à domicile

 

Créer un guide social reprenant ce qui se fait dans le social (à quoi sert le CPAS, les autres institutions sociales, …)

 

Transports : inventaire de ce qui existe…

Voir la possibilité (et la demande) par rapport aux personnes handicapées qui souhaiteraient venir aux réunions.

 

Qu’existe-t-il au niveau santé mentale ? faire inventaire

 

Le projet « TORBALL » : revoir Mme Lewalle et  le centre sportif de Blocry

Des subsides sont possibles

 

 

 

CCPH : réunion du 5 novembre 2007.

 

Présents : C. Calapristi, C. Ciociola,  J-P Dejean,  Ph. Dewolf,  I. Dujardin, R. Govaert,

I. Jacquet, P. Janssens, B. Lietar, G. Magerotte, M. Misenga,  J-M Oleffe,  G. Squelin, 

P. Verraghenne.

 

Excusés :  N. Oleffe.

 

…………………………………………………………………………………………….

 

Invités : Monsieur Roland Govaert et Mme Rebecca Vangansbeke qui nous exposent les problèmes de la vie quotidienne des sourds et malentendants.

 

Situation des sourds en Belgique : rapport pour le CCPH d’Ottignies.

 

Nous faisons cet exposé au nom de l’Association Socio Culturelle des Sourds et malentendants du Brabant Wallon, car un des buts de cette association, dont le siège se situe actuellement à Limelette, est de faire prendre conscience au monde politique des difficultés rencontrées par les sourds et malentendants. Si l’on énumère les différents buts de l’association, nous avons différents buts et les voici :

 

1) Faire prendre conscience au public et au monde politique des difficultés quotidiennes rencontrées par les sourds et malentendants en Belgique et plus particulièrement en région francophone.

 

2) Créer des activités socio- culturelles pour la communauté des sourds.

 

3) Créer des rencontres avec diverses personnes, associations et pouvoirs publics sourds ou entendants.

 

4) Créer un pôle d’information citoyen pour les sourds et malentendants dans un esprit ouvert et pluraliste tout en gardant l’indépendance de l’association

 

5) Organiser des séances d’information et d’échange  pour les parents entendants d’enfants sourds et pour les parents sourds.

 

6) Organiser des séances de formations d’intérêt général.

 

7) Créer une sorte de centre social où les sourds et malentendants peuvent s’informer

 

Nous allons aborder un à un les problèmes rencontrés par les sourds en Belgique, et ce, du plus jeune âge jusqu’à l’âge le plus avancé.

1) Le développement de la personne sourde.

 

Lorsqu’un enfant sourd naît, se pose le problème de la construction de son identité, une image positive de lui-même devant petit à petit apparaître à sa conscience. Il est important, pour le développement de l’enfant, qu’il puisse construire une estime juste et saine de lui-même, ainsi qu’une confiance en lui-même saine.

 

Si je prends mon propre cas, ce qui m’a aidée à construire CCPH : réunion du 5 novembre 2007.

 

Présents : C. Calapristi, C. Ciociola,  J-P Dejean,  Ph. Dewolf,  I. Dujardin, R. Govaert,

I. Jacquet, P. Janssens, B. Lietar, G. Magerotte, M. Misenga,  J-M Oleffe,  G. Squelin, 

P. Verraghenne.

 

Excusés :  N. Oleffe.

 

…………………………………………………………………………………………….

 

Invités : Monsieur Roland Govaert et Mme Rebecca Vangansbeke qui nous exposent les problèmes de la vie quotidienne des sourds et malentendants.

 

Situation des sourds en Belgique : rapport pour le CCPH d’Ottignies.

 

Nous faisons cet exposé au nom de l’Association Socio Culturelle des Sourds et malentendants du Brabant Wallon, car un des buts de cette association, dont le siège se situe actuellement à Limelette, est de faire prendre conscience au monde politique des difficultés rencontrées par les sourds et malentendants. Si l’on énumère les différents buts de l’association, nous avons différents buts et les voici :

 

1) Faire prendre conscience au public et au monde politique des difficultés quotidiennes rencontrées par les sourds et malentendants en Belgique et plus particulièrement en région francophone.

 

2) Créer des activités socio- culturelles pour la communauté des sourds.

 

3) Créer des rencontres avec diverses personnes, associations et pouvoirs publics sourds ou entendants.

 

4) Créer un pôle d’information citoyen pour les sourds et malentendants dans un esprit ouvert et pluraliste tout en gardant l’indépendance de l’association

 

5) Organiser des séances d’information et d’échange  pour les parents entendants d’enfants sourds et pour les parents sourds.

 

6) Organiser des séances de formations d’intérêt général.

 

7) Créer une sorte de centre social où les sourds et malentendants peuvent s’informer

 

Nous allons aborder un à un les problèmes rencontrés par les sourds en Belgique, et ce, du plus jeune âge jusqu’à l’âge le plus avancé.

1) Le développement de la personne sourde.

 

Lorsqu’un enfant sourd naît, se pose le problème de la construction de son identité, une image positive de lui-même devant petit à petit apparaître à sa conscience. Il est important, pour le développement de l’enfant, qu’il puisse construire une estime juste et saine de lui-même, ainsi qu’une confiance en lui-même saine.

 

Si je prends mon propre cas, ce qui m’a aidée à construire une image positive de moi-même est de lire le livre  « Le cri de la mouette » de Emmanuelle Laborit, à l’âge de 12 ans. Je me sentais mal dans ma peau d’être sourde, jusqu’au jour où j’ai découvert et lu ce livre. Ce fut une révolution pour moi de découvrir que la surdité pouvait être vue comme une richesse culturelle. En effet, ayant vécu dans une cour de récréation tenue par un établissement ne favorisant pas la langue des signes, j’avais un peu honte de ma langue des mains. Avec l’éducation oraliste que j’ai reçue, j’étais gênée et mal par rapport à ma surdité, je me sentais « handicapée » par rapport aux autres.

 

 J’ai compris au cours de mes lectures et recherches que la surdité pouvait se voir selon deux points de vue, aussi bien d’un point de vue culturel que d’un point de vue médical. La vision médicalisée ne voit que l’aspect négatif de la surdité : il s’agit d’un handicap un peu honteux, anormal, qu’il faut effacer, corriger. Le point de vue culturel, au contraire, insiste sur la richesse du vécu qu’apporte la surdité : nous sommes riches d’une langue extrêmement belle et poétique, avec laquelle nous nous sentons à l’aise pour nous exprimer et communiquer entre nous.

 

 Donc, pour la construction identitaire de l’enfant sourd, le point de vue culturel est important, afin que les enfants sourds acquièrent une image positive et saine d’eux-mêmes dès le plus jeune âge, et non pas seulement le point de vue médical, qui ne devrait exister uniquement pour apporter un maximum de confort dans la vie quotidienne à la personne sourde en lui apprenant à communiquer avec les entendants par la parole, ou en l’aidant à mieux entendre s’il le désire, et seulement s’il le désire, pour communiquer.

 

Nous pouvons donc constater que la surdité a cela de particulier d’être à la fois un handicap et une particularité culturelle. Cette « culture sourde » se manifeste déjà très tôt lors de la prime enfance. Plusieurs témoignages ont montré qu’un enfant sourd, très souvent, a besoin de s’identifier à un adulte sourd pour se construire une image positive de lui-même et se projeter dans l’avenir.

 

Un fait marquant tiré de mon vécu vous montrera à quel point un enfant sourd a besoin de rencontrer dès le plus jeune âge des adultes sourds et des jeunes sourds arrivés à maturité. J’aimerais montrer en quoi les enfants sourds ont besoin de retrouver la fierté de la « culture sourde » liée à la langue des signes tout en ayant une éducation leur permettant d’apprendre le français et de communiquer avec les entendants.

 

Ceci est non seulement ce que j’ai vécu, mais également le vécu de beaucoup d’autres sourds. Etant sourde de naissance, je me souviens du jour précis où j’ai compris que j’allais grandir un jour et non rester petite. J’étais dans une école pour sourds. Un jour, à la sortie, j’ai aperçu de grandes adolescentes sourdes parler en langue des signes. J’ai vu combien elles étaient grandes. A partir de ce moment, j’ai compris que j’allais grandir et devenir à mon tour une femme. Il est étonnant que beaucoup d’enfants sourds s’identifient à ce point là aux adultes et grands adolescents sourds, comme le rapporte Emmanuelle Laborit, l’actrice sourde ayant reçu un Molière durant les années 1990, pour sa brillante interprétation du personnage de Sarah dans « les enfants du silence ». Cette actrice sourde pensait, jusqu’à ce qu’elle rencontre des adultes sourds, qu’elle allait toujours rester petite, et mourir toute jeune, jusqu’au jour où elle a rencontré ces adultes sourds ! Ce fait est étonnant, car comment cela se fait il que des petits sourds, souvent, ne comprennent pas qu’ils vont grandir en voyant leur propres parents, mais en voyant des adultes sourds ?

 

 Il est donc important que des touts petits sourds rencontrent des adultes sourds pour qu'ils voient qu'un avenir est possible pour eux, ainsi que leurs parents. Et cela, pour qu'ils soient heureux de posséder la langue des signes et heureux aussi d'apprendre à communiquer avec les entendants, si l’on leur inculque les deux langues : la langue parlée et la langue des signes, pour qu’ils puissent s’épanouir dans les deux milieux : le milieu des entendants et le milieu des sourds.

 

 C’est pour cela qu’un enseignement bilingue pour les sourds serait positif dans l’ensemble du pays.

 

Tout cela pour vous exprimer que les sourds dans l’ensemble ont besoin de retrouver leur fierté d’avoir une langue, une culture riche, et en cela nous désirons trouver un peu plus d’autonomie pour gérer les affaires qui nous concernent ( éducation, culture…), avoir notre mot à dire. Les personnes qui entendent, à la fois par notre faute et notre manque de mobilisation, et par une interdiction historique de notre langue des signes en Europe pendant cent ans à partir de 1880 au congrès de Milan, ont beaucoup décidé à notre place ce qui était bon ou mauvais pour nous. Nous aimerions avoir la parole pour les décisions qui nous concernent.

 

Pour illustrer mes propos, je prendrai l’exemple de la Finlande, pays où la situation des sourds est nettement meilleure qu’en Belgique. Les sourds, là-bas, reçoivent un budget annuel pour gérer beaucoup de choses les concernant : leurs maisons culturelles, leurs centres de vacances,…

 

Dans la législation finlandaise, les sourds sont reconnus comme une communauté linguistique particulière. La langue des signes se trouve dans la constitution de ce pays. Le droit aux interprètes est largement attribué. Les sourds y ont un enseignement en langue des signes de qualité, et sont par la suite capables de suivre l’université avec les entendants. Nous constatons donc que les sourds, tout en ayant un minimum d’autonomie concernant leurs affaires, sont bien intégrés au sein de la société finlandaise.

Ce qui est loin d’être le cas en Belgique.

 

2) L’enseignement pour les sourds en Belgique.

 

 Deux points importants à ce sujet méritent d’être soulevés :

 

- Les écoles pour les sourds sont souvent de bas niveau et ne permettent pas à ceux-ci de suivre des études supérieures et universitaires par la suite. Ceci est un grave problème, d’autant plus que ce même problème est de nature linguistique et non intellectuelle. Il est particulièrement grave de mésestimer les capacités intellectuelles des sourds alors qu’avec des moyens de communication adaptés, ils peuvent parfaitement réussir. J’en suis la preuve.

 

- Les écoles supérieures et universitaires sont souvent difficiles    

d’accès au premier abord car il y a un manque flagrant d’interprètes en  Belgique. Pour preuve, l’année où j’entrepris mes études, on venait de refuser à cinq autres sourds des interprètes pour cause de manque d’effectif. Chaque sourd en général n’a droit qu’à un seul diplôme du fait de ce manque. Néanmoins, les conditions pour obtenir des interprètes varient d’une institution à l’autre. C’est aberrant, vu qu’un sourd aura plus de difficultés à se faire employer directement qu’un entendant. Il a donc tout avantage à avoir une formation solide et plusieurs diplômes. Le fait que nous devons prévoir longtemps à l’avance les études que nous envisageons  afin d’organiser un interprétariat qui convient à la situation est déjà assez lourd par rapport à la légèreté avec laquelle la plupart des jeunes peuvent se permettre d’entamer des études tout en n’ayant pas la certitude de leur choix. Ils peuvent se tromper de choix, se réorienter, recommencer. Sans soucis.

Mais, par contre, si un sourd a une grande soif d’apprendre et envisage de faire un troisième cycle à l’université, ce n’est pas sûr que nous le lui accorderons en termes d’interprètes. À tout cela doit s’ajouter le fait que les écoles supérieures refusent parfois l’accès aux cours à la personne sourde qui en fait la demande. Cela est arrivé à trois personnes que je connais.

Pour conclure, prenons ici les propos de Roland Govaert sur le thème :

 

« L’enseignement, même maintenant n’est pas adapté aux sourds et ce n’est pas parce que certains réussissent qu’il faut pavoiser, quelques beaux arbres ne font pas une belle forêt. Peut être serait il bon que je fasse part de mon cas personnel qui date des années mi 50 à mi 60. Je suis devenu sourd à l’âge de 4 ans suite à une méningite et ne puis dire si la perte d’ouïe a été brusque ou progressive. J’ai été placé dans un institut pour sourds à l’âge de 6 ans. Sans le faire exprès et m’en rendre compte j’obtenais des résultats scolaires supérieurs aux autres au point que je me trouvais à l’âge de 8 ans avec des condisciples de 12ans et passais malgré tout premier de classe. Vous imaginez les contacts qui se sont ensuivis. Bien que doué, il m’a toujours été dit : «  c’est impossible pour les sourds ». Malgré tout j’ai été mis en cours du soir tout en restant inscrit à cet institut et à 15 ans, j’ai été mis au travail à mi temps. Je suis quand même arrivé au diplôme technique supérieur 1er degré mais n’ai pas eu d’emploi équivalent au diplôme. Une anecdote qui vaut la peine d’être signalée. Vers mes 17 ans seul en classe avec le prof le directeur s’amène. Il  fait des équations d’algèbres au tableau puis les efface en disant «  inutile de retenir cela c’est impossible pour les sourds ». Pour la petite histoire quelques années plus tard j’ai été plus loin que cela.  Aussi vers mes 15 ans j’aurais voulu me lancer dans la chimie , mon père m’en a dissuadé car c’était trop difficile. La morale de l’histoire est comment voulez vous que dans un tel contexte , une telle ambiance négative les sourds aient confiance en eux , en leurs capacités etc. Actuellement encore beaucoup pensent davantage à obtenir une pension d’invalidité plutôt que de chercher un emploi. Sans les approuver on peut les comprendre souvent la différence en poche est minime quand elle n’est pas inférieure en cas d’emploi et comme il est assez fréquent que le sourd soit refusé il est normal qu’il en ait marre après quelques tentatives.

 

La solution est une franche collaboration entre pouvoirs publics, monde politique employeurs et sourds, pour ceux ci une aide à la communication de confiance est incontournable car du fait qu’il ne sait pas saisir les propos environnants le fragilise et le rend plus susceptible, plus agressif.

 

La route est longue très longue mais la réussite pas impossible à condition que nous soyons pris au sérieux, comme des interlocuteurs à part entière. Une enseignante dans un institut pour sourd avec qui je suis en contact depuis juillet dernier est d’accord avec moi pour dire qu’il faut tout reprendre à zéro et que rien n’a été fait convenablement jusqu’à présent. »

 

3) Les sourds au travail.

 

Sur ce sujet, il convient de soulever deux points importants :

 

-Le sourd est souvent victime de discrimination au travail, où il y rencontre toute une série de problèmes. Des témoignages en nombre me sont parvenus comme quoi des sourds possédant le même diplôme que leurs collègues se voyaient moins bien traités qu’eux. Cela arrive parfois. Souvent, un sourd ne pourra pas prétendre à un poste plus élevé que celui qu’il occupe, alors qu’il en a parfois toutes les capacités intellectuelles.

 

 Pour illustrer cela, prenons les cas cités par Roland Govaert :

 

Travaillant à la Sabena avant sa pré-pension, ce dernier a souvent vu passer des collègues moins anciens que lui plus haut dans la hiérarchie, car il ne sait pas téléphoner.

 

 Sa femme, quant à elle, est une bonne travailleuse, et selon lui, travaille mieux que beaucoup de ses collègues. Les sourds ont en effet plus de facilités pour se concentrer que les entendants, l’environnement sonore n’étant pas un problème. Mais sa femme a un grade plus bas que certains de ses collègues qui travaillent moins bien qu’elle car son école de sourds ne lui avait pas donné un diplôme d’humanité. Il a été demandé à son patron de faire un rapport. Dans ce rapport, il lui est demandé de spécifier de quand date sa dernière promotion. Il a carrément marqué : «  Il y a tellement longtemps qu’elle ne s’en souvient plus ».

 

-Ou encore, le sourd sera mal vu par son patron à cause de malentendus liés à une mauvaise communication. Par exemple, lors des changements de date pour les réunions, ces informations ne sont pas toujours affichées. Il n’entend pas ce qui se passe, et ne sera pas présent à la réunion. Par conséquent, il sera considéré comme négligent par ses subalternes. Ou encore, un sourd ne pourra pas suivre de réunion sans interprète, même s’il sait bien parler.

 

Lire sur les lèvres de personnes parlant très vite et repérer les changements d’interlocuteur sans entendre est très difficile, même si une conversation à deux s’avère facile pour certains.

 

4) Droits civils du sourd.

 

-Quand vient le moment pour le jeune sourd de pouvoir aller voter, il y a un gros problème.

 

Il n’est pas traité à égalité avec les autres citoyens, car les débats politiques ne sont pas sous-titrés et/ou traduits en langue des signes à la télévision. C’est un problème d’une grande ampleur pour les sourds car, le système d’enseignement ne leur est pas adapté. Par conséquent, beaucoup parmi eux ne savent pas bien lire et écrire, et ce, quatre-vingts pour cent parmi eux, si l’on en croit les études sur le thème. Les journaux, source d’informations non- négligeable avant les élections ne leur sont donc pas fort accessibles.

 

Ils n’ont donc pas de droits démocratiques égaux aux autres citoyens et ne sont pas traités comme des citoyens à part entière par manque de mobilisation et d’information sur le sujet. Pas mal parmi eux doivent voter nul quand ce n’est pas un vote de protestation.

 

Les sourds sont aussi souvent exclus des sondages. Si l’on nous demande pourquoi il n’y a pas beaucoup de sourds lors d’un débat électoral traduit en langue des signes dans un lieu public, sans doute que nous pouvons répondre que le désintérêt de beaucoup de sourds face à la politique est normal : « Les décideurs font tout derrière notre dos, ils décident à notre place... et même quand on leur exprime notre avis... ils font comme si de rien n'était...  Et quand on leur propose des informations supplémentaires à diffuser, ils ne diffusent que ce qui les arrange... ce qui va dans le sens de ceux qui décident, au-dessus de ceux qui décident... »  Ce sont des propos souvent vus et entendus par beaucoup de gens… Ces propos expriment le sentiment de beaucoup de citoyens, et plus particulièrement celui des sourds qui ne se sentent pas entendus depuis beaucoup trop longtemps.

 

- Par rapport à la police, il y a des problèmes de communication qui surgissent parfois, ce qui fait que certains sourds se voient injustement traités, et ont plus de difficultés à faire respecter leurs droits civiques. Prenons un exemple concret qui s’est réellement produit.

 

Un jeune sourd à Mons a été interpellé par la police car il avait crevé des pneus et démoli du matériel. Il a été interrogé, mais ne comprenait rien, et en même temps a des problèmes de déficience mentale. Il répondait donc à chaque question « oui, oui, oui ». La police a donc cru qu’il répondait « oui » à certaines questions graves, ce qui a aggravé son cas aux yeux de la police. Ou bien, prenons un autre cas, théorique celui-ci. Si un policier interpelle quelqu’un qui a un comportement suspect, surtout le soir, il l’interpellera. Mais il n’obtient aucune réaction. Le policier utilise donc des moyens musclés alors que c’était peut être un sourd qui s’est trouvé mêlé aux évènements sans vraiment comprendre ce qui se passait.

 

- En ce qui concerne la justice, voici un cas qui mérite d’être soulevé. Un jeune sourd a été injustement mis en prison, car il n’y a aucune structure adaptée à son cas. Voici son histoire, relatée par sur un forum :

 

«  Le cas du jeune de 23 ans suscite l'émoi

BRUXELLES C'est l'histoire d'un jeune homme de 23 ans qui dès sa naissance déjà n'avait pas toutes les chances de son côté. Son cas ne s'est pas amélioré avec les années. Que du contraire. David, sourd et muet, se trouve derrière les barreaux de la prison de Mons depuis plus d'un mois. Pourquoi ? "Des broutilles", chuchoteront certains. "Des faits qui ne méritent pas d'enfermer ce jeune de cette manière", criera Danielle Manouvrier, professeur qui connaît bien le jeune homme.

Des voitures cabossées, des pneus de véhicules de police dégonflés ou des bagarres au sein des centres où il a été transféré tout au long de sa jeunesse. Voilà pourquoi David, en plus d'être enfermé dans son silence, l'est à la prison de Mons dans l'attente de son transfert vers l'établissement de défense sociale Les Marronniers à Tournai.

Une histoire qui a retenu l'attention du journaliste Michel Bouffioux, auteur d'un dossier sur le jeune sourd et les solutions qui peuvent être apportées à sa situation, publié dans La Libre Match de cette semaine. C'est que le cas de David mérite en effet d'être souligné. Tout comme celui des 800 autres détenus souffrant de troubles mentaux détenus en 2007 en Belgique. Soit 10 % de la population carcérale. "Ce n'est pas sa place. Il n'y a rien de prévu pour les sourds-muets dans un établissement de défense sociale comme Les Marronniers.

 

David n'est pas fou. Il peut encore apprendre, se stabiliser, trouver une voie vers le bonheur. Mais là, il va s'isoler encore plus, régresser et souffrir. C'est l'équivalent d'une condamnation à mort", s'insurge Danielle Manouvrier, professeur de religion protestante à l'Ipes, dans son interview accordée à la Libre Match de ce jeudi.

Né dans un milieu défavorisé, David n'a jamais pu communiquer. Le langage des signes ne lui a pas été enseigné. Battu par son père, le garçon a été pris en charge dès son enfance par l'Ipes, l'Institut provincial d'enseignement spécial. C'est là que Danielle Manouvrier l'a connu. "David raisonne comme un enfant de 5 ans. Si vous lui demandez son âge ou son adresse, il sera incapable de vous répondre... On pourrait l'accuser de tout et n'importe quoi sans qu'il sache faire valoir un quelconque argument de défense", assure son ancienne professeur, déterminée à se battre pour qu'une place soit trouvée à David dans une institution telle que l'Ipes et qu'il sorte enfin de prison. La dame compte organiser prochainement une action devant l'établissement pénitentiaire de Mons avec le soutien d'autres sourds-muets pour qu'enfin David puisse avoir une lueur d'espoir de s'en sortir. »

 

De plus, il y a des risques dans les procédures au tribunal quant à l’impartialité de la cour, si l’interprète qui vient n’est pas assez formée pour les cours et tribunaux. De meilleures formations par secteur d’activité (justice, médecine, hôpitaux..) devraient être organisées pour les interprètes en langue des signes.

 

- Concernant les problèmes pour participer à la vie politique, il faut savoir qu’un sourd profond, sans interprète, ne peut absolument pas participer aux réunions politiques, même deux sourds comme Roland Govaert et moi. Car même si nous parlons assez bien pour nous faire comprendre, nous ne savons pas lire sur les lèvres quand ça va trop vite et que l’on passe d’un interlocuteur à l’autre sans prévenir…Cela nous est impossible. Par conséquent, sans interprète, un sourd est totalement exclu de la vie politique. Il faut bien convenir qu’il est anormal que des citoyens belges, sourds, ne puissent pas participer à la vie politique, alors que des immigrés de la deuxième ou troisième génération peuvent le faire sans problème.

 

5) La santé et les sourds.

 

L’accès aux soins de santé est parfois très problématique pour un sourd.

 

Par exemple, pour appeler une ambulance, quand c’est une question de secondes pour la vie ou la mort et que le corps ne peut pas être déplacé par des non professionnels, il y a impossibilité.

 

Un autre exemple personnel qui montre que les sourds n’ont pas accès aux informations sanitaires aussi facilement que les autres, ce qui présente des risques pour eux. Il y a quelques années, l’eau avait été polluée à Wavre, et de ce fait, était devenue imbuvable si elle n’était pas bouillie. Je n’avais pas été au courant tout de suite, car l’information était passée à la radio.  Si j’avais vécu seule, cela aurait été problématique.

 

6) Situation du monde des sourds.

 

Vu la situation scolaire extérieure, la situation du monde des sourds est, nous pouvons le dire, assez lamentable. La communauté des sourds est une communauté qui se cherche encore beaucoup, situation qui génère beaucoup de problèmes. D’où l’intérêt d’avoir des lieux de culture et d’information comme notre association où ils pourront se réunir, avoir des contacts avec le grand public, ceci à condition d’avoir une ou deux aides à la communication à l’association.

 

7) Problèmes d’ordre général.

 

- La communication, qui est le problème principal : nous allons vous tracer une journée-type d’un sourd, faite par Roland Govaert, caricaturée, qui montre l’ampleur des problèmes parfois rencontrés. Ces problèmes ont étés groupés en une seule journée, pour mettre en relief ce qui est vécu par certains.

 

Imaginez qu’un matin  vous vous réveillez et que vous n’entendez plus aucun son. Sans trop y prêter attention car vous pensez que c’est un problème passager vous vous préparez pour votre journée. Dans la rue quelqu’un vous interpelle pour un renseignement, vous répondez : « désolé je n’entend pas », alors votre interlocuteur se met à vous regarder comme si vous étiez un extraterrestre quand ce n’est pas pour un débile. Arrivé au bureau vous passez une journée totalement ou presque isolé, tenu à l'écart, vous voyez vos collègues en train de bavarder, rigoler et vous êtes occupé à vous morfondre dans votre coin. Parfois quand ils vous regardent bizarrement vous vous demandez "Ne seraient ils pas occupés à se moquer de moi". Enfin la journée finie vous retrouvez vos enfants et leur demandez comment s'est passée la journée. Ils répondent qu'ils n'ont rien compris, se sont senti tenus à l'écart et ont même été l'objet de moqueries quand ce n'est pas d'agression. Enfin pour vous changer les idées vous choisissez un beau programme à la télévision, encore une déception, vous voyez des personnages parler se déplacer, etc. Sans rien comprendre. Armé de patience et nullement découragé car c'est le week-end, vous vous préparez à aller à une conférence débat prévue de longue date et qui vous tiens à coeur, ici aussi déception, vous passez une heure ou plus à regarder les autres sans rien comprendre, car ceux qui organisent la conférence n’ont pas eu les moyens d’engager une interprète : le prix était trop élevé pour les organismes « non sourds ».

 

- Culture et Loisirs : L’accès à la culture pour ceux qui n’entendent pas est difficile. Tout d’abord, il est sûr et certain qu’énormément de sourds ont du mal à lire et écrire. La lecture de livres et de journaux est souvent difficile. D’où nécessité d’un enseignement bilingue français- langue des signes afin que l’enfant sourd s’épanouisse tout à fait dans son environnement. Ensuite, beaucoup d’autres choses entrent en ligne de compte. Il n’y a pas assez d’interprètes pour suivre à souhait conférences, formations, parcours musées, théâtre, séances d’informations. De plus la télévision est rarement sous-titrée, contrairement à l’Angleterre, où sur la BBC sont sous-titrées la plupart des émissions.

 

- Information et contacts : Ne pas savoir téléphoner est un immense handicap pour les sourds, pour beaucoup de choses : prendre rendez-vous chez le médecin, appeler les pompiers, l’ambulance, la police, organiser un événement culturel avec ceux qui ne connaissent pas le monde des sourds, organiser une réunion au travail… L’emploi des fax, sms et emails ont certes grandement facilité la vie aux sourds. Mais malheureusement, nous constatons que souvent, nous répondons très lentement à ces mêmes sms, fax et email, à intervalle de plusieurs jours souvent. De plus, beaucoup de services de renseignements destinés au public ne sont joignables que par téléphone. Par conséquent, les sourds doivent se déplacer bien plus souvent pour s’informer et se réunir, étant donné qu’il manque des institutions pour les sourds. Ces faits nous laissent l’impression de se battre tous les jours pour organiser des choses, s’informer, etc. Pour pallier à cela, il existe un système. Il fonctionne au Canada d’après ce que j’ai vu dire, et existe en Belgique, mais très lacunairement. Il s’agit d’un système de téléphone pour sourds, dans lequel ceux-ci possèdent un téléphone avec un écran, où ils peuvent écrire son message. Au bout du fil, il y a un(e) interprète qui traduit oralement leur message à leurs correspondants. Lorsque ceux-ci répondent, l’interprète écrit le message au sourd qui le reçoit. Ce système est intéressant pour arranger rapidement des choses. Il serait utile d’envisager la chose en Belgique. Ou encore, serait-ce possible d’imaginer pour les sourds incapables de lire et écrire une autre version du Phone Call? Le sourd possède un vidéophone, c’est à dire un téléphone avec un écran de qualité, qui permet de voir son interlocuteur. Celui-ci peut également voir le sourd. Ce dernier appelle le centre « Phone Call », et dit son message en langue des signes à l’interprète, qui traduit à l’interlocuteur ce qui est dit, et en retour explique au sourd la réponse de l’interlocuteur. Avec les technologies que nous possédons, ce serait possible à concevoir.

 

Conclusion :

 

Tous ces faits exposés un par un sont basés sur notre expérience et sur des cas concrets venant des sourds de notre entourage, c'est-à-dire sur des faits réels.

 

Les sourds sont à distinguer des autres handicapés car ils ont leur propre langue, leur propre culture. Il ne faut pas oublier que même si nous sommes physiquement normaux il ne faut pas sous estimer nos problèmes ce qui semble le cas probablement du au fait que nous avons un handicap invisible.

 

Le principal problème pour ne pas dire le seul est la communication car même si certains tels que Roland Govaert et moi sommes capables de mener une conversation quasi normale en face à face nous sommes totalement incapables de participer à une discussion à plusieurs. En plus le fait que nous devons nous concentrer davantage nous fatigue. Imaginez que vous suiviez une conversation dans une langue dont vous n’avez que des notions.

 

La solution à nos problèmes serait une franche collaboration entre pouvoirs publics, monde politique, employeurs et sourds, pour ceux ci une aide à la communication de confiance est incontournable.

 

En conclusion, ce rapide survol de la situation en Belgique nous montre que le nœud du problème des sourds est lié principalement à deux choses. De prime abord au manque de reconnaissance de notre culture et des sourds en tant que communauté linguistique. Cette reconnaissance est importante, du fait que notre langue gestuelle est physiquement  et matériellement celle qui est la plus facile à utiliser pour nous. Il est également indispensable qu’un enseignement bilingue -langue des signes et français (ou néerlandais, suivant la région concernée) - de bon niveau soit conçu et soit largement accessible aux sourds.

 

En second lieu, le manque patent d’interprètes est handicapant pour beaucoup de choses : travail, études, conférences, renseignements, vie quotidienne… Etant une sourde sachant parler, lire, écrire et communiquer avec les personnes qui entendent, je suis bien placée pour le dire. En effet, même lorsqu’un sourd parvient à un bon niveau de communication, il est physiquement incapable de lire tout sur les lèvres d’un conférencier qui parle vite, qui possède un micro devant la bouche, sur les lèvres d’un professeur qui se retourne sans cesse pour écrire au tableau, qui accélère son débit, les débats rapides lors d’un procès, d’une réunion politique, etc.

 

Ce manque d’interprètes s’explique par la méthode de financement  de ceux-ci. D’après ce que je connais, les conditions afin d’obtenir des interprètes varient d’une institution à l’autre, ce qui rend l’accès aux interprètes malaisé. La méthode de financement, souvent, ne correspond pas aux besoins réels. Je connais, par exemple, un centre qui est en bons termes avec l’INAMI. Cette institution est liée au ministère de la santé. Or, les sourds affiliés à ce centre ont droit aux interprètes uniquement à titre de « rééducation fonctionnelle »…Or, les besoins réels sont d’avoir des interprètes pour faire des études et avoir une scolarité normale…

 

Mais ce centre s’est arrangé afin de pouvoir donner des interprètes aux enfants scolarisés en ayant un contrat avec l’INAMI sous conditions. Ces conditions font que les sourds sont obligés d’avoir un suivi multidisciplinaire, tel que logopédie, ORL, psychologue, et autres, afin d’obtenir des interprètes, alors que ce sont deux choses séparées : l’éducation et la santé. Le problème est que sous les conditions de l’INAMI, le centre ne peut pas engager plus d’interprètes, alors que les besoins sont criants… Pour répondre aux besoins des sourds, il faudrait créer des institutions d’interprètes indépendantes des centres de santé, financés non plus par le ministère de la santé, mais par le ministère de l’éducation, afin que les besoins réels soient comblés. Le statut des interprètes devrait être régularisé. Ceci est un fort besoin social pour les sourds, mais cela a également le potentiel de générer des emplois.

 

Pour terminer d’une façon constructive, j’aimerais faire avec Roland Govaert des propositions concrètes à la commune d’Ottignies pour améliorer les choses au petit niveau communal. Nous avons pensé que ce serait une bonne idée de créer une sorte d’intercommunale d’interprètes au Brabant Wallon, qui aurait pour siège la commune d’Ottignies. En effet, la demande n’étant pas assez élevée pour réaliser cela dans chaque commune. Ces interprètes interviendraient dans les services communaux pour les sourds, ainsi que dans les hopitaux communaux, les polices communales et tous les types de services communaux jusqu’à la province. Les besoins en interprètes sont assez criants pour les sourds, surtout en ce qui concerne l’enseignement, mais pour agir à ce niveau là, les communes sont-elles compétentes ?

 

Nous avons également pensé que ce serait une bonne idée que notre association puisse recevoir de l’aide afin d’engager une aide à la communication pour ses contacts avec l’extérieur.

 

 

 Fait par Rebecca Vangansbeke,

 en collaboration avec Roland Govaert,

 le 5-11-2007

 

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Que peut faire la Ville ?

Donner une information au personnel des administrations afin de faciliter l’accès aux guichets.

Se doter d’aides techniques.

Créer une « intercommunale » (via un interprète) au départ de la Ville ; un phone center avec vidéo conférence pour communiquer avec les hôpitaux, les médecins, les administrations, …

Le CCPH pourrait se faire le relais d’un tel dossier.

 

 

Dossier « TORBALL »

 

La Ville veut mettre sur pied une équipe avec l’aide du centre sportif.

Tout le monde peut jouer, même des voyants avec les yeux bandés. Il existe un club à Liège, on peut les contacter.

Monsieur Dujardin connaît plusieurs personnes qui seraient intéressées, il va proposer des dates pour organiser quelque chose. Voir avec le CCSports

 

 

Mr Dujardin propose un cours d’informatique pour aveugles – il est formateur.

Cela pourrait s’organiser à la Maison de la Citoyenneté, dans la pièce du bas qui est accessible en y mettant des ordinateurs. Voir avec l’échevin responsable (B. Jacob)

 

 

 

 

CCPH : réunion du 10 décembre 2007.

 

 

 

 

 

Présents : C. Calapristi, L. Guilmet, M-P Lemaire, B. Lietar,   J-M Oleffe,  G. Squelin, C. Thibaut, P. Verraghenne.

 

Excusés :  J-P Dejean, G. Magerotte

 

 

Invitée : Madame Laurence Guilmet, assistante sociale, CPAS d’Ottignies, coordinatrice du service de soins et maintien à domicile.

Ce service, appelé aujourd’hui : Domicile 2001, est né de la collaboration entre le Cpas et une association de médecins généralistes.

L’organisation de la coordination des soins date des années 80 :

-         prise de conscience des phénomènes démographiques (on vit de plus en plus longtemps)

-         mesures prises par J-L Dehaene

-         évolution des technologies médicales

-         on garde les gens de moins en moins longtemps à l’hôpital ; ils rentrent au domicile avec des soins importants à effectuer

Décret Charles Picqué : agréation des coordinations de soins

Il existe trois fédérations qui s’adressent à toute personne en perte d’autonomie qui nécessite des soins à domicile.

Les demandes sont parfois très ponctuelles (série de piqûres) ou à plus long terme.

 

Le service rencontre « le demandeur » à domicile ou à l’hôpital. Il y a une phase de concertation avec l’équipe médicale afin de rédiger un plan d’intervention et d’effectuer une prise en charge globale.

Il y a cinq centres de coordination en Brabant wallon. La coordination est gratuite, le paiement va vers les prestataires.

Le service informe « le demandeur » de la liste complète des prestataires mais peut orienter le choix en fonction de la spécialité et des disponibilités de chacun.

Un service de garde malade, de télévigilance, est également disponible via le service de coordination.

Le service de Madame Guilmet traite environ 60 dossiers par an.

Pour tous renseignements : 010/43 65 11

 

 

Le conseil consultatif sports demande si nous connaissons un sportif handicapé qui pourrait être mis à l’honneur lors des mérites sportifs.

 

 

Pas de candidature pour le poste de 2ème vice président du CCPH

 

 

 

12:25 Écrit par OLNN/PMR dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |